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Tout d’abord désolé du retard, entre les vacances scolaires, la flemme et les oublis... .
Voici donc le fameux CR tant attendu :
Après autant d’heures de train que de sommeil dans la nuit (soit un peu plus de 4 heures), me voila arrivé à Alès, où un taxi m’attend afin de m’amener de la gare au pôle mécanique.
Hop c’est parti, cette fois-ci j’y suis, après en avoir rêvé un nombre incalculable de fois c’est enfin le D-day .
Arrivée au pôle mécanique, 10 euros pour faire à peine 3 km, c’était la première et dernière fois que je prenais un taxi .
En arrivant au pôle, on voit directement la piste de kart/supermot (relativement grande d’ailleurs) à droite, les locaux des différentes entreprises installées sur place à gauche, et sur la droite mais un peu plus haut on distingue le paddock de la piste de vitesse.
Direction les locaux de DFD, la boite de Nicolas Dussauge.
La Desmo est garée à l’entrée du garage, rempli de meules en poly (des CBR 125, des NSR 50 et des Gex 600 principalement).

Bonjour et blabla avec le mécano/collègue de Nicolas Dussauge, qui me sort la combi (Alpinestar dorée, ça ira bien avec mes Ray Ban aviator, me manque plus que la Rolex ) et me dit d’aller me saper (première fois que je mettais une combi, dedieu c’est épais ce machin ).
Tout beau tout protégé (combi full cuir, bottes, casque et gants racing sont prêtés par DFD), j’aperçois enfin Mister Dussauge, à qui je dis bonjour, et pose quelques questions sur son unique Desmo biplace.
Il part se changer, ce qui me laisse le temps d’admirer la bête : elle est vraiment magnifique, une vraie machine de piste, et la version biplace (version 2, la version 1 conservait le silencieux d’origine et n’incluais pas de dosseret pour le siège passager) (voir ici : http://www.kerloclassic.com/kerlo-i... ) avec son silencieux et sa coque arrière sur-mesure est une vrai réussite. Et bien sûr le petit guidon vissé au réservoir, à bein oui ma ptite dame ça pousse ce machin là, faudrait pas que le passager passe par dessus bord au premier freinage .

Voila enfin Nicolas de retour, attention au démarrage de la bête. Le démarreur galère un peu, mais au bout de quelques secondes le moteur daigne se lancer. Et là : GROSSE CLAQUE DANS MA GUEULE ! Le V4 au calage twin pulse (les pistons montent et descendent par paire, le premier V-twin à 4 cylindres en fait ) fait un bruit démentiel, on sent le moteur qui en veux, la sonorité est unique, et le son vraiment fort (le silencieux sur-mesure est un compromis (niveau bruit) entre le silencieux homologué et le silencieux racing, dommage qu’il y ai des limites sonores à Alès). La puissance reste la même qu’en version homologuée, soit grosso merdo 190 dadas.
Quelques coups de gaz, et direction la piste (que je rejoindrai en Mini avec le mécano).
Débarquement sur le paddock, y’a du peuple et de la moto ici (et en plus il fait beau).
Sur le circuit une Viper toute préparée tourne, ça avance bien ces choses là (et ça fait un bordel pas possible aussi).
Arrivée de la Viper au stand, Nicolas grimpe sur la Desmo et part pour 3 tours, histoire de chauffer la moto et rôder les pneus (les pneus étaient neufs, et ses couvertures chauffantes l’ont lâchés quelques jours avant ma visite). A noter qu’un slick est monté à l’avant (j’apprendrai plus tard qu’il est monté à l’envers, faut le savoir quand même ^^), à l’arrière on retrouve le Bridgestone dédié à la Desmo.
Premier passage de Nicolas dans la ligne droite (seule partie du circuit visible du paddock, le relief empêchant de voir le reste) : je vais monter derrière ce malade, moi ? J’ai 17 ans, célibataire et sans enfants, alors merde j’y vais quand même . Photo prise par "pamoi" ^^ :

Alors que Nico rentre de ses tours de chauffe (à noter qu’il a l’air parfaitement serein, tandis que je découvre les joies du trio cuir, soleil et stress), je jette un coup d’œil aux pneus : ha bein oui ça a pas loupé, y’a déjà des bouloches de gomme au bord, non mais ça va pas de les pourrir comme ça en 3 tours ? .
La Viper repart pour 4 tours, le temps pour moi de taper la discute avec les pistards du coin "Nico c’est un peu le maitre des lieux ", "J’oserai jamais monter derrière lui" : autant de commentaires qui ont pour unique effet de me mettre encore plus la pression, tout ce qu’il me fallait quoi .
Ca y est, voici enfin le moment que tu attends, jeune (ou vieux) lecteur impatient :
la Viper retourne au garage, et Nico me fait signe.
Il monte sur la Desmo, puis c’est mon tour : c’est quand même foutrement haut derrière, avec le stress j’étais pas loin de me vautrer avant même d’avoir commencé à rouler .
Petit briefing, il faudra bien écarter le coudes quand Nico tourne pour ne pas le gêner, déhancher en suivant la moto, ok pas de soucis particulier par rapport à du duo "normal", hormis le guidon et la position vraiment très haute (mais assez confortable, pour une fois je dis merci à mon mètre 70).
Attention c’est parti, sortie du pit lane (en wheeling svp). Le moteur de la Desmo est bien coupleux en bas, pas besoin d’être dans les tours pour que ça lève (le fait d’avoir un passager bien haut doit aider).
Premier virage, ça angle déjà très très fort. Et là grosse accélération en sortie de l’épingle gauche : effectivement la Desmo ça pousse ce qu’il faut, sans le guidon je terminai le cul sur la piste. Gros freinage (de trappeur canadien énervé sous stéroïdes) : mama mia merci l’abonnement à la muscu, les freinages sont DE-MEN-TIELS, il faut vraiment bien se tenir, et la fourche encaisse le tout avec une zenitude impressionnante, ça ne plonge pas trop, on comprend enfin le fond du terme "matos de GP". On sent juste la moto qui ondule un peu autours de la colonne de direction, normal avec plus de 300 kilos sur la roue avant pendant les freinages...
Ca s’enchaine, on arrive à la partie la plus technique avec deux épingles presque d’afilé : la Desmo est impériale, on penche comme des gorets et la moto ne bronche pas, rien à voir avec un Gex 1000 ou quoi (en passager et sur route de mon expérience), on a l’impression de pouvoir angler à l’infini sans que ça décroche, et contrairement à ce qu’on pourrait croire ça ne fait pas peur du tout, d’une part parce qu’on se doit d’être très concentré pour bien suivre et ne pas gêner Nicolas, d’autre part parce qu’on sent que le matos (et le pilote) est au top, il n’y a pas de réactions parasites, d’amorces de guidonnage ou de décrochage, les pneus sont glués au sol, de la pure folie.
Gros droit et arrivée sur la ligne droite : vitesse lumièèèèrrrre, malgré le petit dosseret sur la selle passager j’ai le cul qui valse et qui termine à la limite de la coque arrière, ça ressemble plus à du rodéo qu’autre chose, et même si dans l’absolu ça pousse (un peu) moins qu’une Busa les sensations ne sont pas du tout les mêmes (précisons également que le wheeling à plus de 170 n’aide pas trop à conserver son séant correctement placé ).
A peine la roue avant reposée qu’il faut entamer le freinage à plus de 220 (la ligne droite de la piste d’Alès fait à peine 350 mètres...), et là encore c’est cool de ne faire que 70 kilos et d’être sportif, parce que "PUTAIN MAIS IL EST MALADE DE FREINER AUSSI TARD ON VA S’Y METTRE AÏEAÏEAÏEAÏEAÏE" (extrait de ma pensée sur le moment) alors que en fait ça passe, on sait pas trop comment d’ailleurs mais ça passe, je suis athée mais sur le coup j’ai quand même fait une petite prière .
Procédure pour le freinage : tendre les bras, bloquer les coudes, forcer comme un débile , et souhaiter que ses articulations soient en bon état et qu’on ne retrouve pas ses poignets à 5 cm de ses coudes à la fin du freinage . Re-angle de cochon, à chaque fois j’ai envie de toucher le bitume avec la main tellement il est proche, mais mon instinct de survie me dicte de les laisser fermement arrimées au guidon.
Retour au paddock, 4 tours de folie, la pub de Moto et Motards n’avait pas mentie ! Sauf que moi j’ai décidé de claquer 70 euros de plus et de faire 8 tours au total !
La Viper repart encore une fois pour 4 tours, et moi, ayant pris confiance et commençant à m’habituer un peu, suis chaud bouillant pour y retourner.
Viper aux stands, et ça repart, ce coup-ci je me sens plus à l’aise, moins crispé, je commence à connaitre le circuit, les repères de freinages et tout, donc forcément ça aide ! A noter les petites glisses de l’arrière sur les freinages, dûs en parti à un embrayage en fin de vie (normal, avec plus de 300 baptêmes et un nombres de tours exponentiel à son actif), tant mieux c’est du fun en rab (comme si il en manquait tiens ).
Lors de cette deuxième session je ferai frotter mes deux sliders (sur la photo ci-dessous mon slider droit, neuf au départ), sachant que (oui je me répète, mais y’en a qui ont la mémoire courte ^^) je ne fais qu’1m70 et que la place passager est vraiment haute perchée, ça vous donne une petite idée de l’angle interstellaire ( *^_^* ) que Nicolas peut prendre, même avec un SDS derrière.

En résumé, j’ai payé 140 (138 exactement) euros pour 8 tours de piste, ça peut sembler cher mais je ne regrette rien, j’ai réalisé un rêve, et je pense que le fait de faire 8 tours permet de profiter au maximum de la chose, car les 4 derniers tours ont vraiment été les plus sympa. A conseiller à tout ceux qui veulent voir ce qu’un vrai pilote (Nicolas Dussauge est vice-champion du monde d’endurance, a couru en GP 125, et a remporté 2 fois le bol d’or et les 24h du Mans, excusez du peu) peut faire avec une machine de course, ou tout simplement à ceux qui veulent prendre une grosse claque, mais en toute sécurité (c’est extrêmement impressionnant mais ça ne fait pas peur tellement c’est parfait et maitrisé, tant du côté humain que mécanique). Et si vous avez un pote "Rossi du quartier", offrez-lui ça pour son anniversaire, au retour il mettra sa R1 2009 en vente pour s’acheter une YZF-125R .
De plus j’ai eu de la chance car nous avons eu la piste pour nous seuls, ce qui n’est pas le cas lorsque les baptêmes sont effectués lors des journées de stage.
Après ces émotions, blabla final (pendant qu’un autre mec faisait un baptême) et au revoir aux pistards du coin, puis retour aux locaux de DFD pour se remettre "en civil", et photos souvenir (et oui malheureusement pas de poches dans le cuir, j’ai du laissé le téléphone dans le sac).
Je suis à gauche, le mec qui a fait un baptême aussi est au milieu, et Nicolas à droite (merci à la copine du mec pour la photo, et désolé pour les têtes, on avait le soleil en face ^^) :

J’ai ensuite eu l’occasion de parler avec Nicolas quelques minutes avant de partir, et d’après lui la Desmo est un cran au dessus des machines d’endurance qu’il a utilisé, le V4 est beaucoup plus compact et a beaucoup moins d’inertie que les 4 en ligne, et même au niveau de la partie cycle le Ölhins de GP (ainsi que la rigidité du cadre, etc...) surpasse largement le matos utilisé en endurance (il m’a dit avoir retrouvé un peu des sensations en 125 GP, c’est pour dire...). En gros la Desmo vous lui foutez la ligne et le boitier racing livré avec et vous pouvez l’engagez en endurance sans soucis...
En tout cas ce baptême de piste m’a plus que jamais donné envi de me lancer dedans, le Derbi est vendu, l’inscription au permis prochaine, ça se rapproche petit à petit :).
Voila il est 5h10 du matin et j’aurai mis plus 2 heures à écrire ce CR, 2 heures qui m’auront permis de me replonger dans des souvenirs indélébiles, et encore très frais malgré le mois et demi qui a passé. J’espère que vous aurez eu plaisir à me lire (excusez mon inexpérience dans ce genre de rédaction), et que ce "roman" vous aura donné envie d’aller faire quelques tours derrière l’extraterrestre Alésien.
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